La pratique du Zen

Zazen, la méditation sans objet

Zazen, la méditation sans objet

« Zazen, c’est l’essence, la racine de la pratique du Zen.
Assis, jambes croisées, le dos droit, l’expiration longue, profonde et tranquille ; laissant passer les pensées, l’esprit s’apaise et devient clair.
L’esprit se libère et on accède à une conscience vaste. Zazen est la posture d’éveil du Bouddha.
C’est le retour à la condition normale du corps et de l’esprit en unité avec toute chose.
Il est important d’avoir une posture totalement immobile.
Pour cela, trouvez l’équilibre parfait ; portez le poids du corps sur les genoux et à partir de là, laissez se détendre la colonne vertébrale vers le ciel ; ni penché en avant, ni penché en arrière. Contentez-vous d’effacer à chaque instant toute tension inutile. C’est par cette pratique que Shakyamuni est devenu Bouddha ; ce n’est pas par le Bouddhisme, il n’existait pas, ni par les Sutras, ils n’avaient pas encore été écrits.
C’est à partir de la pratique du silence et de l’immobilité que naturellement, inconsciemment, automatiquement, vous donnez la liberté à toute chose. C’est à partir de l’immobilité et du silence que la conscience s’ouvre à l’infini ; à condition de maintenir en permanence la tension de l’éveil, dos droit. Donner la liberté à nos pensées, c’est ne pas bouger devant elles. C’est comme ça que nous sommes Bouddha ; n’en doutez pas, ne cherchez pas ailleurs ! »

Taiun Jean-Pierre Faure

« Faire zazen calmement dans le dojo, éteindre toute pensée négative, cette joie est au-delà du paradis.
Le monde court après les profits sociaux,
les honneurs, les beaux vêtements et le confort,
mais la satisfaction de ces plaisirs passagers n’est pas la vraie paix.
Vous courrez et demeurerez insatisfaits jusqu’à la mort !
S’asseoir dans le dojo et pratiquer zazen,
se concentrer d’un seul esprit,
qu’il s’immobilise parfois ou que d’autres fois il bouge ;
voir de nos yeux de profonde sagesse intérieure ;
pouvoir observer et reconnaître intimement
le véritable aspect de toute action et de toute existence ;
pouvoir observer l’équilibre ;
comprendre et reconnaître d’un esprit parfaitement tranquille ;
si vous êtes ainsi,
votre dimension spirituelle, la plus élevée en ce monde,
ne pourra être comparée à aucune autre. » 

Maître Kodo Sawaki

 

 

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La vie quotidienne c’est la Voie.

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Shikantaza : simplement, seulement, totalement assis. 

Zazen ( za : assis ; zen : méditation silencieuse, concentration) est la pratique-racine du bouddhisme.
Zazen est shikantaza. Simplement, seulement, totalement assis. C’est s’asseoir, le dos bien droit, la respiration calme et profonde. L’esprit est concentré sur la posture et la respiration. Il laisse tout passer, sans objet, sans support, sans but. Il devient totalement présent à l’ici et maintenant. Esprit et corps sont en unité.
La méditation zazen c’est l’assise désintéressée.

La vie quotidienne c’est la Voie.

Le zen ne se limite pas à la posture assise. Se concentrer sur ce qu’on fait ici et maintenant, être pleinement attentif à l’action présente. Toujours être à ce que l’on fait, tel est l’esprit du bouddhisme zen. Notre vie quotidienne dans ses actions les plus banales est l’occasion de mettre cela en pratique.  Le bouddhisme zen nous invite à vivre pleinement chaque action de notre vie.  Chaque instant est ainsi réalisation, toute action de la vie quotidienne devient la voie.
« Le zen c’est la Vie » disait maître Deshimaru.
On ne pratique pas le zen pour soi, mais en faisant le vœu d’aider profondément toutes les existences.
La voie du zen n’est pas une thérapie.
La voie du zen est au-delà. Elle pointe au delà. Elle remonte à l’expérience du Bouddha Shakyamuni qui en posture de méditation zazen réalisa l’éveil à la réalité telle qu’elle est. 
Fortement déterminé, il resta immobile en zazen tant qu’il n’aurait pas résolu la question de la vie et de la mort. C’est dans cette posture, par cette pratique de la méditation, de l’assise silencieuse, laissant passer toutes choses, qu’il s’éveilla à la vraie réalité de notre vie et fut touché par la sagesse.
Une sagesse qu’il n’eut de cesse, par la suite d’enseigner.

Le maître zen Dogen disait : « Apprendre le zen, c’est nous trouver, nous trouver, c’est nous oublier, nous oublier, c’est trouver la nature de bouddha, notre nature originelle. »
Dans le bouddhisme zen, on n’est jamais arrivé…
La pratique du zen demande persévérance et humilité.
Il n’y a jamais rien d’acquis, une fois pour toutes.

Pratique de la méditation bouddhiste zen à Ceyrat